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La Chocolatiere
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Rouen sur mer
Rouen rayonne bien au-delà des frontières. Par son port et ses 4000 navires chargés reçus chaque année, elle est en liaison directe avec le monde entier.
Le Port Maritime et Fluvial de Rouen :
Port de mer de Paris, en fond d'estuaire, à mi-chemin entre la capitale et la mer la plus fréquentée du globe, Rouen Vallée de Seine est le sixième port français en volume de tonnage et le quatrième en valeur ajoutée.
Il gère quatre sites sur 3 200 hectares : Honfleur, Port-Jérôme/Radicatel, Saint-Wandrille/Le Trait et Rouen agglomération.
Ses grandes spécialités sont les céréales, l'agro-alimentaire (oléagineux, farine, sucre, malt...), les produits forestiers (premier port français d'importation de papier de presse), les produits pétroliers raffinés et la filière conteneur (n° 1 du groupage conteneurisé).
Les retombées économiques :
La réforme de la manutention, les efforts pour accroître la compétitivité ont contribué à fixer les capitaux - près de 300 millions d'euros d'investissements privés par an - et ont favorisé les implantations qui, aujourd'hui, génèrent plus de 20 000 emplois directs et indirects, faisant du port l'un des puissants moteurs économiques de la région. Et dans le cadre de Port 2000, Rouen est appelé à accompagner l'accroissement du trafic sur la Seine.
Aujourd'hui, Rouen étant une ville accueillant chaque année de nombreux touristes de tous les horizons, le Port de Rouen s'occupe également des bateaux croisières à partir de son Terminal Croisière.
Rouen, un site naturel privilégié
La ville de Rouen est située sur un méandre de la Seine, à cent vingt kilomètres de la mer
par la voie fluviale. Les premiers habitants se sont installés sur la rive droite, sur une terrasse descendant en pente douce vers la Seine. Cette terrasse était suffisamment haute pour mettre
leurs habitations à l'abri des crues du fleuve.
Le site est en outre protégé des vents du nord par un amphithéâtre de collines de plus de cent métres de hauteur. Les vallées des rivières qui se jettent dans la Seine - Cailly, Robec et Aubette
- avaient en outre l'avantage de permettre d'accéder aisément aux plateaux environnants.
L'effet de la marée étant sensible jusqu'à Rouen, la remontée du fleuve par les navires en
a toujours été facilitée; la ville se trouve à la limite du transfert de charges entre la navigation fluviale et la navigation maritime.
De plus, à cet endroit, le franchissement de la Seine était assez aisé car elle était plus large et moins profonde qu'aujourd'hui, et son lit était encombré d'îles.
Rouen a ainsi été le premier passage possible sur la Seine depuis l'estuaire jusqu'à l'inauguration du pont de Tancarville en 1959, suivie par l'ouverture du pont de Brotonne en 1977 et par la
mise en service du pont de Normandie durant l'hiver 1994-1995.
Le site était donc un carrefour nécessaire entre le nord et le sud d'une part, l'est et l'ouest d'autre part.
Enfin, autre élément favorable, l'endroit est abondamment pourvu en eau soit par des puits artésiens, soit par des sources. Et il y avait déjà autour de la ville de belles forêts capables de fournir en abondance les matériaux de construction et suffisamment de bois de chauffage.©
L'Antiquité
Le site de Rouen a été occupé dès la préhistoire, comme l'indiquent les résultats de fouilles effectuées récemment : il y a 9000 ans , on chassait le renne dans l'actuelle rue Jeanne d'Arc et 900 ans avant J-C, on se déplaçait en pirogue sur la Seine.
C'est aux Romains que l'on doit la fondation d'une ville sur la rive droite de la Seine, site favorable car protégé des inondations, alors que la rive gauche est marécageuse et les îles instables. La fondation se fit sous le règne d'Auguste, au premier siècle de notre ère, et la ville, baptisée Rotomagus, se développe du fait de sa situation favorable : reliée par la Seine à Lutèce (Paris) et Juliobona (Lillebonne, qui était à l'époque romaine le port d'estuaire de la Seine, rôle rempli plus tard par Harfleur puis Le Havre), elle est aussi un carrefour de voies terrestres.
La ville gallo-romaine atteint son apogée au 3e siècle : elle possède alors un amphithéâtre (au niveau du Donjon), de vastes thermes près du forum, sur lequel se trouve probablement un temple, dont on n'a retrouvé que quelques statues et colonnes. On a retrouvé place de la Pucelle un vaste ensemble de 9000 m² donnant sur la Seine, comprenant une fontaine monumentale, situé dans une zone marécageuse le long d'une voie ; on pense qu'il s'agit de la demeure (et d'entrepôts ?) d'un armateur.
A partir de la seconde moitié du 3e siècle commencent les premières grandes invasions en Gaule. Elles entraînent dans certains endroits une diminution de la population et un repli des villes, qui doivent se protéger en construisant des enceintes, qui n'existaient pas dans la période précédente, celle de la "paix romaine". La trace de ces invasions est attestée à Rouen par l'archéologie. Dans le courant du 3e siècle, les quartiers périphériques sont abandonnés et la ville se rétrécit dans une enceinte carrée : c'est un castrum, c'est à dire un camp militaire. Cette transformation est la conséquence des premières invasions qui déferlent sur la Gaule.
La fin de la période romaine correspond à la christianisation massive de l'Empire Romain : le christianisme, toléré depuis l'édit de Milan de l'empereur Constantin en 313 devient en 393, sous l'empereur Théodose, la seule religion autorisée dans l'Empire Romain. À Rouen, c'est l'époque de la construction de la première cathédrale et du premier évêque de la ville, Saint-Victrice.
En 841, les Vikings remontent la Seine et attaquent Rouen.
Ce n'est qu'avec le traité de Saint-Clair-sur-Epte, qui cède la Normandie aux Vikings, que la ville peut de nouveau se développer. Le chef Viking Rollon devient le premier duc de Normandie et
fait de Rouen sa capitale.
La ville s'intègre ainsi à l'espace commercial du monde viking, qui comprend toute l'Europe du Nord et les îles britanniques. En outre, les Vikings remontent les fleuves russes jusqu'à Constantinople et abordent au Groënland et au Vinland, localisé à Terre Neuve. Rouen devient un entrepôt pour les butins des Vikings, un port de commerce avec le bassin parisien, un marché d'esclaves. On y atteste la présence de visiteurs venus de loin : des Grecs, des Scandinaves, des Irlandais, des Italiens. Une importante communauté juive vit autour du palais de Justice, sous lequel se trouvent les vestiges d'un monument juif unique en Europe du Nord.
La conquête de l'Angleterre par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant en 1066 lie Rouen à l'expansion normande vers ce pays, puis vers l'ouest de la France, à l'époque où Henri II Plantagenêt règne sur des territoires s'étendant de l'Aquitaine aux confins de l'Écosse.
Le rayonnement de Rouen se mesure à la présence d'un atelier monétaire dont les
monnaies se retrouvent jusqu'en Russie ou dans les États Latins d'Orient, les Normands du XIe siècle ayant conquis la Sicile puis participé aux Croisades.
Il reste une trace de ces voyages sur le portail Saint-Jean de la cathédrale de Rouen : les motifs décoratifs sont inspirés de l'art islamique et sont arrivés à Rouen par l'intermédiaire des
Normands de Sicile.
Très tôt par rapport aux villes françaises, Rouen obtient une Charte communale, que lui accorde le Duc de Normandie vers 1150. Il s'agit des Établissements de Rouen. Tout homme libre ayant un an de résidence relève alors de la juridiction communale. Seules quelques familles participent au gouvernement de la ville, les Cent Pairs, qui sont cooptés. Les habitants sont groupés dans des corps de métiers et appartiennent à des confréries, groupes solidaires basés sur le culte d'un saint, ce qui correspond souvent à une solidarité de quartier ou de profession.
Le commerce est très actif, grâce aux relations avec la région parisienne et l'Angleterre : les Rouennais vendent du sel et du poisson aux Parisiens et commercialisent le vin de Normandie en Angleterre. Ils ont aussi des liens commerciaux avec l'Irlande. La ville est en outre un centre intellectuel et artistique, stimulé par la construction de la cathédrale.
La conquête de la ville par Philippe Auguste et le rattachement de la Normandie à la France ne freinent pas la prospérité rouennaise. Philippe Auguste maintient les privilèges communaux et laisse aux Rouennais le monopole du commerce sur la Basse Seine. La ville s'accroît et devient la seconde ville du Royaume, une place qu'elle conservera longtemps. Des paroisses apparaissent hors les murs : Saint-André au Nord, Saint-Hilaire et Saint-Paul à l'Est, Saint-Sever au Sud. Cependant, la ville intra-muros n'est pas très dense et il y demeure de nombreux jardins, ainsi que des couvents. Au Nord de la ville, Philippe Auguste a fait bâtir un château, dont il reste aujourd'hui le Donjon.
De là, descend une rivière, la Renelle, à l'emplacement de la rue Jeanne d'Arc actuelle. C'est le domaine des tanneurs. Les teinturiers et les drapiers sont installés sur le Robec, à l'Est de Rouen, dans un quartier qui sera inclus dans la muraille de la ville au 14e siècle. Les Rouennais vont chercher la laine en Angleterre et vendent leurs draps aux foires de Champagne, d'où ils sont acheminés vers l'Espagne ou l'Italie. Le commerce du vin reste encore important au 13ème siècle, mais les vins normands sont de plus en plus concurrencés en Angleterre par les vins de Bordeaux...
La cathédrale est construite tout au long du 13e siècle, après l'incendie de 1200. La nef est rapidement achevée, puis chaque métier cherche à avoir sa chapelle. Les portails des Libraires (au nord) et de la Calende (au sud) sont mis en chantier en 1280.
Comme ailleurs en France, l'essor des 11e, 12e et 13e siècles se trouve brisé au
début du 14e siècle par le retour des famines et des épidémies et par les conséquences de la guerre de Cent Ans, qui commence en 1337. La guerre désorganise le commerce, mais c'est surtout la
Peste Noire, qui touche Rouen en 1349, qui constitue la plus grande catastrophe, d'autant plus que d'autres pestes vont suivre, ainsi que des famines. Si la guerre ne touche pas directement la
ville, elle nécessite la construction d'une nouvelle muraille, qui va absorber un budget très important, au moment où les bourgeois sont appauvris et où de nombreux pauvres fuyant les campagnes
viennent se réfugier en ville.
Cependant, l'activité économique se maintient. Le conflit oblige les Rouennais à chercher de nouvelles sources d'approvisionnement : ils vont chercher la laine en Ecosse et achètent à
Harfleur la laine castillane. La guerre a pour conséquence la création de chantiers navals sur la rive gauche, le Clos des Galées, qui devient le principal arsenal français.
Les difficultés de l'époque amènent en 1382 une grave révolte urbaine connue sous le nom de Harelle. La répression royale sera très dure : les cloches du beffroi (situé au dessus du Gros Horloge) sont descendues, les impôts augmentés et la ville doit payer une lourde amende, provoquant la fuite de nombreux habitants, qui ne peuvent plus payer, ce qui alourdit d'autant le poids de la fiscalité pour les autres. Enfin, les privilèges des Rouennais sur la Basse Seine sont supprimés, laissant le champ libre aux Parisiens.
À la suite de la défaite d'Azincourt en 1415, les Anglais mettent le siège devant Rouen, qui doit capituler au bout de 6 mois en 1419. C'est dans une ville tenue par les Anglais que Jeanne d'Arc est jugée et condamnée à être brûlée vive sur la place du Vieux-Marché le 30 mai 1431. Les Français reprennent la ville en 1449 et Charles VII fait réhabiliter Jeanne d'Arc en 1456. Le retour à la paix provoque une phase d'expansion de la ville, où arrive au début du 16ème siècle la Renaissance.
Du 16e au 18e siècle
Rouen à la Renaissance : une période brillante
L'histoire de Rouen au début de la Renaissance, c'est celle d'une ville dynamique, la seconde du royaume, dominée par la personnalité de ses deux cardinaux successifs, Georges Ier d'Amboise de
1494 à 1510, puis son neveu Georges II, de 1510 à 1550 ; ils sont à l'origine de l'éclosion de la Renaissance à Rouen.
Georges Ier d'Amboise, premier ministre de Louis XII, est un mécène qui va favoriser la construction de la Tour de Beurre, financée en partie par les aumônes de dispense pour l'usage de beurre en Carême. Elle est achevée en 1508. L'année suivante commence la construction du portail central de la cathédrale, dont les travaux dureront jusqu'à 1521. À la même époque, on commence la construction de l'hôtel des finances, face à la cathédrale, sur la place de la Pucelle, l'hôtel de Bourgtheroulde, qui sera achevé plus tard avec la galerie à arcades et sa frise représentant l'entrevue du camp du drap d'or. Commencé en 1499, le palais de justice est terminé en 1526, et on achève l'année suivante de remplacer la vieille porte gallo-romaine par le Gros Horloge. En 1524, on avait terminé Saint-Maclou. Il restera à achever en 1542 la flèche de pierre de la cathédrale et l'année suivante la Fierte Saint Romain sur la place de la Haute-Vieille-Tour.
Cette floraison artistique est celle de la Renaissance, mais les aspects gothiques sont encore présents et coexistent avec les aspects "renaissance", comme à l'hôtel de Bourgtheroulde et au Bureau des Finances.
Ce foisonnement est rendu possible par l'essor économique de la ville depuis la fin
du XVe siècle : la draperie se développe, en particulier à Darnétal (où les Rouennais délocalisent leur production pour échapper aux règlements des métiers rouennais...), mais aussi la soierie,
la métallurgie...
Les Rouennais envoient leurs navires pêcher le hareng en Baltique, la morue à Terre-Neuve. Ils vont chercher le sel à Guérande ou à Sétubal au Portugal. Rouen continue à vendre ses draps en
Espagne, où l'on achète la laine. On trouve des draps rouennais jusqu'à Cochin, en Inde. Pour les besoins de la draperie, on se procure de l'alun à Rome, dont le commerce est organisé par les
Médicis et dont Rouen est la plaque tournante pour la France. Le commerce n'est pas seulement maritime, il est aussi fluvial et terrestre, grâce à l'amélioration des communications : on ne met
qu'une semaine pour aller de Rouen à Lyon !
Il faut aussi teindre les draps. Pour cela, on va chercher très loin les colorants. Au siècle précédent, Jean de Béthencourt a tenté de mettre en place le trafic de l'orseille, colorant rouge, entre les îles Canaries et la Normandie. Au XVIe siècle, les Rouennais s'intéressent au bois brésilien, qui donne une teinture rouge, et ils envoient Verrazzano le chercher sur les terres auxquelles il a donné son nom : ainsi, Rouen devient le principal port pour le trafic avec le Brésil, et lors de la visite du roi Henri II en 1550, une fête brésilienne est organisée sur la Seine. C'est à Rouen que Montaigne rencontre des Indiens brésiliens.
La ville est alors une ville très ouverte sur le monde, les étrangers sont nombreux à s'y installer, en particulier les Espagnols et les Italiens, qui s'assimilent très rapidement. Qui décèlerait un Rucellai de Florence derrière un Rousselay rouennais, ou un espagnol de Séville derrière le patronyme Civille ?
Cette ouverture est aussi intellectuelle : l'imprimerie apparaît en 1484 et l'on compte déjà 10 ateliers en 1500. Ils s'installent près du portail nord de la cathédrale, qui prend le nom de portail des Libraires. L'une des oeuvres majeures de cette époque est le Livre des Fontaines (1525).
Les guerres de religion (1562-1598) mettent fin à cette période brillante. La ville est investie par les calvinistes en 1562, puis reprise par les catholiques, puis en 1591-92, ce sont de nouveau les protestants d'Henri de Navarre, futur Henri IV, qui assiègent la ville, mais ils échouent.
Pour reprendre du terrain aux protestants, les catholiques de la contre-réforme établissent des couvents et des collèges d'enseignement. À Rouen, les couvents s'installent dans les seuls espaces encore libres à l'intérieur de la muraille, au nord de la ville, et c'est également dans ce quartier que s'ouvre en 1592 le collège des Jésuites, actuel lycée Corneille.
Rouen au XVIIe siècle, la stagnation
Aux 17e et 18e siècles, Rouen demeure la seconde ville du royaume de France et compte environ 75000 habitants, mais à partir du milieu du 17e siècle, sa population stagne et la ville perd son
dynamisme.
Cependant, les Rouennais restent actifs sur toutes les mers, en particulier dans le nord de l'Europe, sur la côte d'Afrique et aux Antilles, ainsi qu'en Nouvelle France, où partent colons et religieux.
Ainsi, on continue de rencontrer des marchands et voyageurs rouennais dans les endroits les plus lointains. Des marchands rouennais sont à l'origine de la fondation de Saint Louis du Sénégal en 1639, dans le but de favoriser le commerce triangulaire, un soldat originaire de Rouen, Abraham Dupuis aide les Chinois à chasser les Hollandais de Taïwan et un jeune orfèvre rouennais, Lepage, cisèle en 1663 une couronne d'or pour un rajah des Indes. Cependant, la région lointaine avec laquelle les liens sont les plus importants est la Nouvelle France : de Rouen partent religieux et colons pour le futur Canada, où Champlain a abordé en 1603. Cavelier de La Salle, un rouennais, découvre le Mississippi et donne à sa région le nom de Louisiane.
Outre le port, la ville est un important centre administratif, doté d'un Parlement, qui fait vivre, outre la noblesse de robe, de nombreux officiers (nom donné sous l'Ancien Régime à ceux qui ont acheté leur charge ou office). Cette noblesse, ainsi que l'importante bourgeoisie enrichie par le grand commerce fait bâtir de somptueux hôtels particuliers, comme l'Hôtel d'Hocqueville (aujourd'hui Musée de la Céramique).
A cette époque, Rouen, comme toutes les villes du royaume, est fréquemment frappée par les épidémies, dues à l'absence d'hygiène dans une ville tassée dont certains quartiers sont particulièrement insalubres. La seule institution hospitalière était alors l'Hôtel Dieu bâti au Moyen Age, mais qui ne suffisait plus, c'est pourquoi on entreprit en 1654 la construction de deux bâtiments qui formeront l'Hôtel Dieu (actuelle Préfecture), à l'ouest de la ville. A la même époque, le bureau des pauvres décida d'édifier l'Hospice Général, à l'est de la ville ( actuel Hôpital Charles Nicolle).
L'Eglise, de son côté, est très présente dans le paysage urbain. La cathédrale est alors
achevée. Des ordres monastiques s'installent à Rouen, et certains fondent des écoles, par exemple la Congrégation des filles de la Providence s'installe à Rouen en 1666 et ouvre plusieurs écoles.
Le Collège des Jésuites (actuel lycée Corneille) demeure l'établissement le plus important. Corneille, Fontenelle, Blaise Pascal, vivent ou séjournent à Rouen à cette époque.
Rouen au XVIIIe siècle, l'essor industriel
Au 18e siècle, Rouen continue d'être un grand port et un centre industriel textile. Le commerce triangulaire, qui consiste à échanger des produits de peu de valeur contre des esclaves en Afrique, puis de vendre ceux-ci aux Antilles contre du sucre, cédé au retour en Europe à un prix élevé, enrichit les armateurs.
Le travail du coton devient la base de l'économie urbaine. Il contribue à faire vivre aussi les campagnes alentour par le travail à domicile, aussi la ville ne connaît-elle pas un grand essor démographique, car venir y habiter n'est pas nécessaire. De ce fait, Rouen est peu touchée par les transformations urbanistiques des autres villes françaises à cette époque. On prévoit d'y édifier un nouvel hôtel de ville et une grande perspective, il n'en reste aujourd'hui que les fondations et la rue de Crosne, un des rares témoignages architecturaux du 18ème siècle à Rouen, hormis quelques hôtels particuliers.
Les négociants et armateurs rouennais pensent surtout à acquérir des terres autour de la ville et sont moins entreprenants que ceux du Havre. On y décèle pourtant les prémices de la révolution industrielle dès le milieu du 18ème siècle, avec le développement des indiennes, tissus de coton imprimé bon marché. Ces nouvelles fabrications se font dans des manufactures, qui s'installent dans les faubourgs de la ville, dans les vallées du Cailly et du Robec, et sur la rive gauche, autour de Saint-Sever.
Du 18e au 21e siècle
Rouen pendant la révolution et l'Empire
Les débuts de la révolution à Rouen se déroulent sur fond de crise économique et sociale. La faim connaît son paroxysme au moment de la soudure, pendant l'été 1789, ce qui entraîne des émeutes. Les cahiers de doléances pour les états généraux sont rédigés au printemps ; celui du Tiers État, rédigé par Thouret, fait peu de place aux aspirations des plus pauvres et représente essentiellement les souhaits de la grande bourgeoisie de la ville. La noblesse et le clergé campent sur la défense de leurs privilèges, seule une minorité de la noblesse, représentée par le marquis d'Herbouville, est ouverte aux idées nouvelles issues de la philosophie des Lumières.
La révolution à Rouen est plutôt modérée. Après l'été agité de 1789, les nouvelles institutions se mettent en place, en particulier le conseil général de la commune, élu par les citoyens actifs. Rouen devient le chef-lieu du département de la Seine-Inférieure. Une vie politique se met en place, appuyée sur des clubs et des journaux comme le Journal de Rouen.
À Rouen comme ailleurs, le problème qui se pose très rapidement est celui de la constitution civile du clergé, avec la division du clergé en jureurs et réfractaires et la nationalisation des biens du clergé.
Pendant la période jacobine, Rouen, bien que plutôt favorable aux Girondins, ne participe pas à l'insurrection fédéraliste, qui se déroule pourtant dans des régions proches, en particulier en Basse-Normandie. Par ailleurs, il n'y a pas d'excès répressifs : de nombreuses arrestations mais pas d'exécutions capitales. La Terreur a surtout pour effet l'application du maximum des prix et des salaires et la déchristianisation : la cathédrale est transformée en temple de la Raison et Saint-Ouen en manufacture d'armes.
De même que la période jacobine fut relativement modérée, la période thermidorienne
ne voit pas à Rouen l'équivalent de la terreur blanche. Comme ailleurs, la misère est grande de 1794 à 1797 ; en l'an III, on recense à Rouen 50000 indigents sur une population de 80000
habitants. Cela amène de nombreuses émeutes populaires. La situation s'améliore à partir de 1797.
Rouen du XIXe siècle à 1939
Le 19e siècle est à Rouen comme ailleurs en France celui de la Révolution industrielle. Elle est basée dans la région sur l'industrie textile, plus précisément le coton. Des filatures
s'installent dans les vallées du Cailly et du Robec, ainsi que sur la rive gauche de la Seine, où l'afflux de population venue de la campagne pour travailler dans les usines amène la construction
de quartiers ouvriers faits de maisons de briques avec des petits jardins, qui constituent aujourd'hui un des traits du paysage de ces parties de l'agglomération. Rouen est reliée à Paris par le
chemin de fer dès 1843. Les conditions de travail des ouvriers entraînent de nombreux conflits et la participation de Rouen à la révolution de 1848 : en avril 1848, l'Est de la ville se couvre de
barricades lors d'une insurrection vite réprimée.
Le Second Empire est une période de transformations importantes : on perce les actuelles rues Jeanne d'Arc, Jean Lecanuet et de la République, on aménage le Square Solférino ou Verdrel (du nom du maire de Rouen à l'époque).
Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, Rouen est occupée par les Prussiens. L'essor de la ville se poursuit ensuite sous la 3e république, avant et après la guerre 1914-18.
De nouvelles constructions contribuent à modifier la ville : le musée des Beaux-Arts, le Théâtre des Arts, l'église Saint-Sever, les gares, la flèche de la cathédrale. Les quartiers ouvriers, situés à l'Est, s'opposent aux quartiers bourgeois, à l'Ouest. Les banlieues continuent à s'étendre au sud sur la rive gauche et sur les plateaux nord et est ; on construit par exemple entre les deux guerres le quartier des Sapins (la partie appelée aujourd'hui "Vieux Sapins").
C'est surtout par la vie culturelle que Rouen continue à rayonner tout au long du 19e siècle, grâce à des écrivains comme Flaubert ou Maupassant, par les impressionnistes de l'Ecole de Rouen et la série des "Cathédrales de Rouen" de Monet, par la qualité de sa vie musicale symbolisée par le Théâtre des Arts. Les guinguettes sur l'actuelle île Lacroix, la promenade du Cours la Reine le long de la Seine ou les terrasses de la "Petite Provence", au bord des quais de la Seine, sont des occasions de promenades pour les Rouennais.
Pendant la première guerre mondiale, la ville est une des bases arrières du front,
et voit affluer les réfugiés du Nord de la France et de Belgique, puis les troupes et le matériel de l'armée britannique, qui contribuent à l'essor du port. L'entre deux guerres voit se
poursuivre le développement de l'industrie sur la rive gauche : sidérurgie, industries chimiques, raffinerie de pétrole, chantiers navals, alors que se maintient l'activité textile, jusqu'à la
crise de 1929, qui la touche durement.
Rouen pendant la seconde guerre mondiale
Le 9 juin 1940, les troupes allemandes entrent à Rouen. L'armée française a fait sauter le pont pour empêcher le passage sur la rive gauche, mais n'a pu éviter l'occupation de la ville. Le
quartier situé entre la cathédrale et la Seine a été touché par les combats et va brûler pendant une semaine, les Allemands interdisant l'intervention des pompiers. Une partie de la population a
fuit la ville.
Pendant 4 années, les Rouennais subissent la terreur nazie, les arrestations d'otages, les tortures, les exécutions, les déportations, les privations. À cela s'ajoutent les bombardements, en particulier ceux de la semaine rouge du 30 mai au 5 juin 1944 : 400 bombes, d'une tonne chacune. 1500 personnes ont été tuées, la cathédrale est endommagée , Saint-Maclou, le Palais de Justice, une grande partie de la rive gauche, sont détruits. On compte 2000 victimes et 40000 sinistrés.
Le 30 août 1944, les Canadiens libèrent Rouen. La ville est un champ de ruines.
Rouen depuis 1945
Les années d'après guerre sont celles de la reconstruction. Un quart des logements est à reconstruire. Le choix est fait de conserver le plan ancien de la ville et la même largeur de rues, à la
différence du Havre, qui préfère bâtir une ville nouvelle, et de surélever les quais, coupant la ville du fleuve. La cathédrale ne rouvre qu'en 1956, les derniers îlots sont achevés en
1962.
Comme dans le reste du pays, la croissance démographique et la crise du logement entraînent la construction de nouveaux quartiers, sur la rive gauche (à Saint-Étienne-du-Rouvray et Grand-Quevilly en particulier) et sur la rive droite (les Sapins et la Grand'Mare, Canteleu). On édifie sur la rive gauche la préfecture, puis la cité administrative.
Les transformations de la ville dans les années 70-80 sont liées à l'action de Jean Lecanuet, maire de 1968 à 1993. Dans les années 70, on commence à restructurer le centre ville, éliminant des îlots considérés comme insalubres, ce qui permet de faire place nette pour la construction d'ensembles immobiliers tels ceux bâtis autour de l'hôtel de ville à la place d'un quartier aux maisons à pans de bois. Les habitants sont relogés dans les grands ensembles des Hauts de Rouen. Cependant, on prend vite conscience de la valeur architecturale des quartiers anciens et on lance des opérations de sauvegarde, par exemple dans les quartiers Est de la ville. C'est l'époque de la restauration des façades, de la création des rues piétonnes (la rue Gros Horloge est en 1970 la première rue piétonne de France). En 1979 est inaugurée l'église Sainte Jeanne d'Arc, sur la place du Vieux-Marché. De la même époque datent les tours de 18 étages du Front de Seine, ou le Palais des Congrès, sur la place de la cathédrale. Plus récemment fut construit l'Espace du Palais et l'ensemble immobilier de la Place de la Pucelle. Les années 70 voient aussi la tentative de créer un second centre de la ville sur la rive gauche, le Centre Saint-Sever.
Les années 90 sont celles de la mise en service du métrobus de l'agglomération
rouennaise, du succès des Voiles de la Liberté (1989), de l'Armada de la Liberté (1994), puis de l'Armada du Siècle (1999), et enfin de l'Armada Rouen 2003, de la poursuite des
aménagements urbains, en particulier la transformation des quais rive droite en promenade urbaine, le retour des facultés de médecine et de droit en ville. Le recensement de 1999 a montré une
augmentation de la population, que l'on peut considérer comme un signe encourageant.
// Source site de l’office du tourisme de Rouen – Texte de Jean Braunstein, historien ou bien agrégé d'histoire ©
Rouen, Capitale de Normandie et du département de Seine-Maritime
Rouen, capitale de Normandie et du département de Seine-Maritime, vous ouvre ses portes et
son coeur.
"La ville aux cent clochers", chère à Victor Hugo, a gardé un patrimoine exceptionnel, véritable invitation à la promenade dans son centre historique entièrement piéton.
Flânant dans les rues animées par les façades des maisons à colombages, vous découvrez ses trésors d’architecture : des merveilles du gothique tels la cathédrale Notre-Dame, l’abbatiale
Saint-Ouen, l’église Saint-Maclou et le Palais de Justice, de purs joyaux de la Renaissance comme le Gros-Horloge, l’aître Saint-Maclou et l’hôtel de Bourgtheroulde ou la majestueuse sobriété des
hôtels particuliers classiques.
Au détour des rues, des musées et des monuments, des personnages célèbres viennent à votre
rencontre : Richard Coeur-de-Lion, Jeanne d’Arc, Pierre Corneille ou Gustave Flaubert.
Montez jusqu’au panorama de la côte Sainte-Catherine admirer la ville blottie autour des méandres de son fleuve et enserrée dans un écrin de collines verdoyantes.
Marchez le long du Robec où les moulins et le patrimoine industriel vous racontent le long passé textile de cette cité drapière dont le mouton est resté le symbole.
Arpentez les quais de la Seine pour retrouver la vocation fluviale et maritime du port toujours bruissant d’activités.
Evénements festifs et grandes manifestations rythment la vie de la cité et tous les soirs de l’été, la façade de la cathédrale s’embrase de couleurs inspirées des toiles de Claude Monet. Un
spectacle monumental et… impressionnant !
Restaurants gourmands, hôtels de charme et boutiques insolites viennent agrémenter votre séjour dans une ville où l’art de vivre se conjugue avec le sens de l’accueil et de la fête.
Edifices civils
Bureau des finances
En 1509, Thomas Boyer, général des finances de Normandie, confia à Roulland le Roux, le soin de construire l’Hôtel des Généraux des Finances qui deviendra plus tard le Bureau des Finances. Cet architecte de génie travaillait alors au portail central de la cathédrale, caractéristique de l’art gothique flamboyant. Pourtant, avec sa structure clairement définie par des lignes horizontales et verticales bien affirmées, avec son décor d’arabesque, de grotesques, de médaillons et de putti, ce petit édifice marque l’arrivée à Rouen de l’art de la Renaissance.
C’est de ce monument que Claude Monet, de février à mi-avril 1892 et 1893, a peint une série d’une trentaine de toiles de la façade occidentale de la cathédrale Notre Dame. Il disposait alors d’une vue complète de ce monument gothique.
Dénaturé au XIXe siècle par des transformations malheureuses, l’hôtel a été acheté par la ville, restauré, et il abrite depuis 1957 l’office de tourisme de Rouen.
Palais de Justice, Parlement de Normandie
Le Palais de Justice de Rouen est incontestablement l’une des plus importantes et des plus belles réalisations de l’architecture civile de la fin du Moyen Age.
L’aile Ouest (à gauche), appelée Palais du Neuf Marché, est la partie la plus ancienne de cet ensemble. Construite à partir de 1499 pour abriter à la fois le Parloir aux Bourgeois et l’Echiquier de Normandie (haute cour judiciaire et financière), elle était à l’origine flanquée de quatre tourelles d’angle et desservie par un nouveau bâtiment perpendiculaire, le Palais Royal, qui ne sera terminé que vers le milieu du XVIe siècle. François 1er avait entre temps transformé l’Echiquier en Parlement.
Cette aile centrale a reçu un décor gothique des plus extraordinaires. C’est au niveau des lucarnes que tout ce décor culmine, dans des entrelacs de rosaces, de pinacles à crochets, d’arcs en accolade, de gargouilles et de statues.
A droite de la cour, une construction néo-gotique (Cour d’Appel) reprend les dispositions générales du Palais du Neuf Marché. Toute la partie qui s’ouvre sur la rue Jeanne d’Arc est également du XIXe siècle. A l’étage du Palais du Neuf Marché, se trouve la majestueuse Salle des Procureurs où travaillaient les gens de justice. Elle est couverte d’un grand vaisseau de bois d’une portée de 16,50 m. Au fond de la salle, la table sur laquelle plaidait Pierre Corneille lorsqu’il était avocat est toujours en place. Sur la droite, une porte permet d’accéder à l’ancienne Grand Chambre du Parlement (salle des Assises) qui possède un plafond Renaissance à caissons peints et dorés d’une qualité exceptionnelle. Après la dernière guerre, une restauration exemplaire a su rendre à cet ensemble qui avait beaucoup souffert toutes ses qualités d’origine.
Place du Vieux Marché
La place du Vieux Marché, telle qu’a pu l’entrevoir Jeanne d’Arc, ne ressemblait pas à ce qu’elle est aujourd’hui. Elle était plus petite (sa superficie correspondait à peu près à la partie basse de la place actuelle) et son espace était occupé par l’église St Sauveur, l’église Saint Michel et par une grande halle de marché. C’est également là que se trouvait le pilori et que l’on dressait le bûcher, car c’était le lieu habituel des exécutions.
La place a été agrandie au XIX siècle et seuls certains de ces édifices sont parvenus jusqu’à nous, sous forme de vestiges. On a dégagé les soubassements de l’église Saint Sauveur. Du pilori, il ne reste que la base circulaire. La grande croix a été élevée, sur le niveau du sol médiéval, à l’emplacement du bûcher, et quelques pierres du mur pare-feu qui protégeait les maisons sont encore en place.
La place de la Pucelle et l'Hôtel de Bourgtheroulde
On a longtemps cru que Jeanne d’Arc avait été brûlée sur la place de la Pucelle, à cause d’une fontaine édifiée ici en son honneur. La fontaine a disparu, le souvenir de la Pucelle d’Orléans est resté.
Guillaume II le Roux seigneur de Bourgtheroulde et membre de l’Echiquier, décida à
la fin du XVe siècle de se faire construire sur cette place un hôtel en pierre digne de son rang. Après sa mort en 1520, Guillaume III, abbé d’Aumale, poursuivit les travaux en embellissant et en
complétant l’œuvre de son père.
Le corps de logis gothique qui se trouve au fond de la cour, avec sa belle tourelle hexagonale, ainsi que l’aile donnant sur la place sont des constructions de Guillaume II, mais leur décor est
en grande partie un ajout de Guillaume III. On reconnaît la Salamandre, emblème de François Ier. L’aile nord a été reconstruite au XVIIIe siècle après un incendie.
Sur la gauche, la galerie d’Aumale est due à Guillaume III. Six grandes baies Renaissance en anse de panier s’ouvrent au-dessus d’un soubassement à deux niveaux qui a reçu un décor sculpté d’une rare qualité. Guillaume III a fait représenter la fastueuse entrevue du Camp du Drap d’Or à laquelle il avait sans doute assisté. Sur le panneau central, François Ier (à droite) et Henri VIII d’Angleterre se saluent tandis que, derrière eux, les dignitaires forment un cortège ininterrompu. La rencontre qui avait pour but une alliance entre Charles Quint se soldera par un échec. Au niveau de la toiture, une seconde série de bas reliefs illustre le poème allégorique des Triomphes de Pétrarque.
Sur le côté sud de la place de la Pucelle, une fontaine gallo-romaine (II-IIIe siècle),
retrouvée en 1994, est présentée dans le hall d’un immeuble moderne.
L’église Saint Eloi (XVIe siècle) toute proche, est transformée depuis 1803 en temple de l’Eglise réformée.
Aître Saint-Maclou
L’histoire de ce lieu étrange remonte à la Grande Peste noire de 1348. Les morts se comptaient alors par milliers à Rouen et l’on dut ouvrir ici un nouveau cimetière : le grand Aître Saint-Maclou. On y enterrait les victimes dans des fosses communes.
Trois des galeries qui entourent le cimetière ont été construites entre 1526 et1533 pour servir d’ossuaires. Elles ont été transformées au XVIIIe siècle. Leur décor est de circonstance : sur les sablières, des ossements voisinent avec les outils du fossoyeur ou les objets du culte des morts tandis que sur les colonnes, la Mort entraîne le Vif dans une irréversible danse macabre. La galerie Sud (XVIIIe siècle) n’a jamais servi d’ossuaire, mais d’école. L’ensemble abrite aujourd’hui l’Ecole régionale des Beaux Arts.
Dans une vitrine près de la porte, on a placé un squelette de chat découvert dans un mur. Sans doute s’agissait-il d’un chat noir – le diable lui-même- enfermé vivant dans la maçonnerie pour éloigner le mauvais sort.
Gros Horloge
Le Gros-Horloge constitué d’un beffroi gothique, d’un pavillon, d’une voûte Renaissance et
d’une fontaine classique est le premier a être construit pour recevoir les premières cloches de la ville dont le mécanisme demeure l’un des plus anciens d’Europe.
De l’extérieur vous pouvez admirer la voûte sculptée, chef d’œuvre de la Renaissance et les cadrans récemment restaurés.
A l’intérieur, la scénographie contemporaine du nouveau parcours de visite dévoile l’envers du décor de ce monument exceptionnel dédié au temps. Dans le pavillon vous accèderez à la salle des
cadrans et aux anciens appartements du gouverneur de l’horloge et dans le beffroi vous découvrirez le mécanisme du XIVe siècle, les premières cloches municipales mais aussi un panorama unique sur
la ville.
Les édifices religieux
Cathédrale Notre-Dame
La cathédrale domine la ville de sa haute silhouette et Claude Monet en peignant une série d’une trentaine de toiles représentant sa façade, l’a définitivement immortalisée.
La construction de la cathédrale gothique a été entreprise au milieu du XIIe siècle à l’emplacement de la cathédrale romane dont on a conservé la crypte. Une centaine d’années plus tard, elle était entièrement terminée mais elle a été remaniée et embellie au cours des siècles suivants. La façade représente ainsi un précieux témoignage de l’évolution, qui a marqué l’art gothique du milieu du XIIe jusqu’au début du XVIe siècle. A l’intérieur, les chapelles latérales, les portails du transept, la chapelle de la Vierge ont été ouverts ou agrandis à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle. Les fenêtres hautes ont été transformées à partir de la fin du XIVe siècle.
La cathédrale abrite, dans le déambulatoire et dans la chapelle de la Vierge, quelques sépultures illustres (gisants de Rollon, premier duc de Normandie, et de Richard Cœur de Lion ; tombeaux Renaissance des cardinaux d’Amboise et du sénéchal de Brézé, époux de Diane de Poitiers). De beaux vitraux des XIIIe, XIVe, XVe et XVIe siècles sont encore en place.
Eglise Saint-Maclou
L’église Saint Maclou est dédiée à un Saint breton appelé aussi Malo.
La construction de cette église, considérée par les historiens de l’art comme un chef d’œuvre de l’art gothique flamboyant, a débuté en 1437.
L’organisation de la façade est tout à fait originale. Elle est disposée en arc de cercle et elle est constituée d’une succession pyramidale de lignes triangulaires qui lui donnent une grâce et un charme bien particuliers.
Le tympan du portail central représente un Jugement dernier. Les portes (milieu du XVIe siècle), d’une qualité exceptionnelle sont consacrées au Baptême du Christ (portail central), au thème du Bon Pasteur (portail latéral nord) et à la Vierge (portail du bas nord du transept). L’architecture intérieure, où prédominent les lignes verticales, est aussi sobre que la façade est ornée.
Malgré les lourds dégâts de la dernière guerre, l’église possède encore un mobilier intéressant : un escalier gothique flamboyant provenant de l’ancien jubé, un très beau buffet d’orgue Renaissance porté par des colonnes dues à Jean Goujon (1541), un arc de gloire et des confessionnaux du XVIIIe siècle, des vitraux du XVe siècle et les portes de chêne du milieu du XVIe siècle.
A gauche de la façade, la charmante fontaine « aux enfants pisseurs » a remplacé au milieu du XVIe siècle une fontaine gothique.
A droite, donnant sur la rue Eugène-Dutuit, la maison d’Annonciation (une Association y est représentée) offre un décor encore gothique, mais elle n’a pas encore d’encorbellement. On peut aussi dater des années 1520.
La place Barthélémy porte le nom de l’architecte du XIXe siècle qui a construit la flèche de l’église. C’est d’ailleurs à cette époque qu’elle a été aménagée. On a pour cela détruit quelques maisons, et d’anciennes cours intérieures donnant aujourd’hui directement sur la place.
Abbatiale Saint-Ouen
L’abbaye bénédictine de Saint-Ouen a été fondée, sans doute vers 750, autour d’une
basilique funéraire mérovingienne dans laquelle l’évêque de Rouen saint Ouen avait été inhumé en 684. De cette abbaye qui abrita la vie monastique jusqu’en 1790, il reste l’église, une galerie du
cloître des XVe et XVIe siècles et le dortoir des moines du XVIIIe siècle occupé par l’Hôtel de Ville depuis 1800.
Bien que la construction de l’église actuelle ait duré plus de deux siècles, de 1318 à1549, son unité est parfaite car les architectes successifs ont respecté le plan initialement
prévu.
On peut donc considérer que c’est un édifice du XIVe siècle, l’un des rares grands
monuments de l’art gothique rayonnant.
Ses proportions sont imposantes : 137 mètres de long, 26 mètres de large, dont 11 pour le seul vaisseau central, et 33 mètres sous voûtes. L’effet d’élancement est accentué par la multiplication
des lignes verticales et, dans la nef, par l’absence de chapelles. Les maîtres d’œuvre ont poussé la technique du gothique aux limites du possible : les piliers sont très fins et les murs sont
percés, aux trois niveaux, de vastes fenêtres qui procurent une luminosité exceptionnelle. Ces fenêtres sont pourvues de merveilleuses verrières du XIVe siècle dans le chœur, du XVe siècle dans
le transept et du XVIe siècle dans la nef. Des scènes de vies de saints sont présentées dans les chapelles qui s’ouvrent sur le déambulatoire et dans les bas-côtés de la nef, tandis que les
grands personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament ont trouvé place dans les fenêtres hautes. La crucifixion du chœur et la rose de façade sont modernes.
L’église abrite un orgue très célèbre, réalisé en 1890 par Aristide Cavaillé-Coll dans le grand buffet en chêne construit en 1630 contre la façade. Cet instrument de 64 jeux répartis sur quatre claviers manuels et un pédalier comprend au total 3914 tuyaux ! Charles-Marie Widor qui l’a inauguré le 17 avril 1890 l’avait qualifié d’orgue à la Michel Ange.
Le portail des Marmousets (fin XIVe – début XVe siècle) qui donne accès au bras sud du transept est très intéressant avec son tympan représentant la Dormition, l’Assomption et le Couronnement de la Vierge, ses quadrilobes, qui retracent la vie et les miracles de Saint Ouen, et son porche à clés pendantes.
En contournant le chevet, épaulé par une belle batterie d’arcs-boutants, on atteint l’ancien dortoir transformé en Hôtel de Ville en 1800. C’est un grand bâtiment classique qui était tout juste achevé lorsque les moines ont quitté l’abbaye en 1790. Adossé au bras nord du transept, la Tour aux Clercs est l’unique vestige de l’église romane qui a précédé l’église actuelle.
S’il est ouvert, on peut traverser le vestibule d’honneur de l’Hôtel de Ville. On passe alors au pied du grand escalier et devant les statues de Jeanne d’Arc et de Pierre Corneille.
La place du Général de Gaulle a été aménagée au XIXe siècle en faisant table rase des
derniers bâtiments conventuels anciens, à l’exception de la galerie de cloître adossé à la nef de l’église. De ce côté l’ancien dortoir a été lourdement modifié.
On ne s’attardera pas devant la façade occidentale qui a été reconstruite au XIXe siècle.
Au sud de l’abbatiale et des jardins, la rue des Faulx présente, elle aussi, un intéressant ensemble de maisons à pans de bois.
A la hauteur du passage de la Petite Horloge, deux d’entre elles possèdent encore leur « oriol », petite construction qui émerge des toitures au-dessus de la cage d’escalier. Plusieurs ruelles extrêmement étroites et très pittoresques relient la rue des Faulx à la rue Eau de Robec.
Eglise Sainte-Jeanne d'Arc
En 1920, Jeanne d’Arc a été canonisée par l’Eglise catholique et déclarée héroïne nationale par le Parlement français. Le vaste monument qui s’élève depuis 1979 sur la place où elle a été brûlée répond a cette double reconnaissance. C’est à la fois une église pour honorer Sainte Jeanne d’Arc, dont la fête religieuse est le 30 mai, et un mémorial civil pour commémorer l’héroïne célèbrée par la France le deuxième dimanche du mois de mai. A Rouen, les fêtes Jeanne d’Arc ont lieu le dimanche le plus proche du 30 mai.
L’église est coiffée d’une haute toiture trapézoïdale en ardoises. Elle se prolonge par une galerie-mémorial où est inscrite une citation d’André Malraux. Près de l’église, la grande croix marque l’emplacement du bûcher et la statue de Jeanne est adossée à l’église, face au lieu de son supplice.
Au nord de l’église, on a reconstruit de petites halles qui perpétuent la vocation
commerciale de cette place déjà appelée Vieux Marché à l’époque de Jeanne d’Arc. L’intérieur de l’édifice réserve une surprise. On y a en effet placé de splendides vitraux du XVIe siècle
provenant de l’église Saint-Vincent, détruite pendant la guerre, qui avaient été déposés en 1939. Ils sont parfaitement mis en valeur par l’architecture dépouillée de l’église à laquelle ils
apportent une resplendissante touche de couleur.
Les Musés de Rouen
Musée des Beaux Arts
Le musée des Beaux Arts rassemble une des plus prestigieuses collections de France.
Peintures, sculptures, dessins et objets d’art de toutes écoles du XVe siècle à nos jours se côtoient dans un parcours chronologique. Pérugin, Gérard David (la célèbre Vierge entre les Vierges), Clouet (Le Bain de Diane), Martin de Vos, Véronèse ouvrent ce parcours dans lequel s’inscrit un ensemble exceptionnel d’icônes russes du XVIe siècle au début du XIXe siècle.
Le XVIIe siècle est particulièrement bien représenté : Rubens, Le Caravage (La Flagellation), Vélasquez, Ribera, Poussin (L’Orage ; Vénus armant Enée), le Sueur, et un ensemble de grandes peintures religieuses françaises : Champaigne, Stella, Vouet, La Hyre. Le XVIIIe siècle réunit les œuvres de Fragonard, Lancret, Hubert Robert ,etc. et une collection de sculptures, d’objets d’art et d’orfèvrerie, ainsi qu’une exceptionnelle crèche napolitaine.
Le XIXe siècle est l’autre sommet de la collection du musée : par son abondance, par l’ampleur des mouvements artistiques représentés et le nombre d’œuvres de référence des plus grands maîtres, d’ Ingres (Portait de Madame Aymon, dite « la Belle Zélie ») à Monet (La cathédrale de Rouen, temps gris) en passant par un bel ensemble du Rouennais Géricault et des œuvres de Delacroix, Chassériau, Corot, Gustave Moreau, Millet, Degas…
Entrée en 1909, la donation Depeaux a fait du musée des Beaux Arts de Rouen la première collection impressionniste de France après le musée d’Orsay, avec, en particulier, de magnifiques ensembles de Monet et Sisley. Modigliani (Portait du Paul Alexandre), Dufy, et surtout les frères Duchamp ouvrent les collections du XXe siècle, qui se développent essentiellement autour du groupe de Puteaux, puis de l’abstraction ( Vieira da Silva, Dubuffet, Nemours). L’art du XXIe siècle a fait son entrée au musée à travers des œuvres ambitieuses ( Delvoye, Varini).
Musée de la Céramique
Installé dans l’hôtel d’Hocqueville, un hôtel particulier du XVIIe siècle entre cour et jardin, le musée est essentiellement consacré à la faïence de Rouen du XVIe siècle au XVIIIe siècle.
De nombreuses pièces de Nevers et de Delft sont également exposées. Dès le XVIe siècle, les carreaux de pavement Masséot Abaquesne puis les décors en camaïeux bleu, à l’ocre niellé ou à la corne d’abondance de la faïence du XVIIIe siècle, firent la renommée de la production rouennaise.
Véritables sculptures de faïence, les bustes des Saisons et les extraordinaires sphères terrestre et céleste de Pierre Chapelle, présentés ici, comptent parmi les plus audacieuses réalisations de l’art français du XVIIIe siècle.
De nouvelles salles consacrées à la céramique architecturale, aux grès et porcelaines illustrent l’art de la fin du XIXe siècle, la création autour de 1900 et de l’Entre-deux-guerres.
Musée Le Secq des Tournelles, Arts du
fer
Ce musée abrite dans une ancienne église gothique, la plus importante collection publique de ferronnerie ancienne du monde. Six mille pièces sont exposées en permanence, s’échelonnant de l’époque
gallo-romaine jusqu’au XXe siècle et touchant aussi bien aux applications monumentales (grilles, rampe d’escalier, serrures, enseignes,…) qu’au mobilier, aux instruments scientifiques, aux objets
de la vie quotidienne ou encore à la bijouterie.
Gros Horloge
Le Gros-Horloge constitué d’un beffroi gothique, d’un pavillon, d’une voûte Renaissance et
d’une fontaine classique est le premier a être construit pour recevoir les premières cloches de la ville dont le mécanisme demeure l’un des plus anciens d’Europe.
De l’extérieur vous pouvez admirer la voûte sculptée, chef d’œuvre de la Renaissance et les cadrans récemment restaurés.
A l’intérieur, la scénographie contemporaine du nouveau parcours de visite dévoile l’envers du décor de ce monument exceptionnel dédié au temps. Dans le pavillon vous accèderez à la salle des
cadrans et aux anciens appartements du gouverneur de l’horloge et dans le beffroi vous découvrirez le mécanisme du XIVe siècle, les premières cloches municipales
Museum d’histoire naturelle
Après dix ans de fermeture, le deuxième muséum de France après celui de Paris va rouvrir
ses portes aux publics le 23 février 2007. Ce lieu unique de par la diversité et la richesse de ces collections conserve près de 800.000 objets dont la moitié est exposée. Maintenu dans un
esprit fin 19ème, il présente le charme « du musée de musée ». Ainsi, emporté par l’esprit du lieu, vous vous attendrez à croiser Gustave Flaubert qui en était un fidèle visiteur.
Le Muséum de Rouen est également un formidable outil de découverte de l’environnement et de la biodiversité mais aussi un relais culturel de la recherche scientifique.
Musée des Antiquités
Collections grecques, archéologie gallo-romaine, mérovingienne et médiévale, pans de bois des XVe et XVIe siècles, objets d’art du Moyen Âge, meubles et tapisseries de la Renaissance.
Exposition temporaire « Dans les montagnes d’Arménie, 500 000 ans d’histoire avant notre ère », proposée dans le cadre de l’Arménie en France, label, Arménie, mon amie, du 4 avril au 23 juillet 2007.
Musée National de l'Education
L’histoire de l’enfant et de son éducation depuis le XVIe siècle illustrée à travers un choix de peintures et de gravures, de cahiers d’élèves, de livres pour enfants, de jeux et de jouets, de mobilier scolaire et de matériel pédagogique.
Une nouvelle exposition, consacrée à l’enseignement et à la vulgarisation des sciences en France depuis 1800, complète l’exposition permanente : « 5 siècles d’école : lire, compter ou l’apprentissage des rudiments ».
Musée Flaubert et d'Histoire de la Médecine
Chambre natale et souvenirs de Gustave Flaubert, céramiques pharmaceutiques, instruments chirurgicaux, documents sur la naissance (mannequin d’accouchement du XVIIIe siècle) et sur la petite enfance (collection de biberons), mobilier hospitalier, statues de saints guérisseurs. Jardin de plantes médicinales.
Le Donjon, Tour Jeanne d'Arc
Ce donjon faisait partie du château construit en 1204 par Philippe Auguste. C'est dans ce château que Jeanne d'arc fut emprisonnée et que se déroula son procès. L'héroïne fut menacée de la torture en présence de ses juges au rez-dechaussée du donjon.
Musée de Cire Jeanne d'Arc.
Dans une cave voûtée de style roman, le musée retrace la vie de Jeanne d’Arc : maquettes, gravures, livres, reconstitution de l’armure et de l’étendard, galerie de cire. Sonorisation en quatre langues.
Musée Pierre Corneille
Maison natale de Pierre Corneille qui y habita durant cinquante six ans. La maison a connu
diverses transformations, on peut y voir une importante bibliothèque cornélienne, un intérieur reconstitué en mobilier du XIIIème siècle, un cabinet ayant appartenu au grand dramaturge, une
maquette de la place du Vieux Marché de l’époque, des documents évoquant des représentations des oeuvres de Corneille, ainsi que des portraits et estampes se rapportant à Pierre et Thomas
Corneille et à la Ville de Rouen.
Musée maritime, fluvial et portuaire
L’histoire du port de Rouen, les métiers du port, les grands voiliers rouennais, la Normandie en 1944-45, la marine marchande, la batellerie, la construction navale, la chasse à la baleine, les expéditions polaires de Charcot. Expositions temporaires, bateaux, 15 bateaux, 300 maquettes, visite de la péniche Pompon rouge, squelette de baleine. Espace des Marégraphes.
Pavillon Flaubert
Ce pavillon de jardin est le seul vestige de la propriété située au bord de la Seine où Flaubert vécut durant 35 ans et écrivit toute son oeuvre. Flaubert recevait dans le pavillon du bord de l’eau ses amis Maupassant, Louis Bouilhet, Georges Sand, les Frères Goncourt…
On peut y voir des objets d’écriture, plumes d’oies, encrier, des portraits et dessins,
des vues et gravures du Croisset de l’époque de Flaubert.
Musée Industriel de la Corderie Vallois
Revivez l'ambiance d'une usine du textile du 19ème siècle en fonctionnement. L'ancienne filature hydraulique transformée en corderie mécanique à la fin du 19ème siècle a fonctionné jusqu'en 1978. Le bâtiment à pan de bois (1822), la roue hydraulique, les transmissions, les machines de la fin du 19ème siècle forment un ensemble d'origine intégralement restauré. L'énergie hydraulique permet aux machines de fonctionner en démonstration.
Musée Pierre Corneille - Petit-Couronne
Acquise en 1608 par Pierre Corneille (père), cette maison était la «résidence secondaire»
de la famille. L’auteur du Cid y venait profiter du calme champêtre des bords de Seine. La maison des champs abrite un musée dédié au poète ainsi qu’un jardin-potager du XVIIe siècle.
//Source site de l'office du tourisme de Rouen - Texte de Henry et
Christiane Decaëns.
Rouen : Ville d'art et dhistoire
Depuis quelques années, la « Ville aux cent clochers », qui est aussi Ville d’Art et d’Histoire, est gagnée par la fièvre du changement. Elle est en effet en proie à un relookage complet destiné
à en faire une ville résolument moderne, fière de ses vieilles pierres, certes, mais partante pour un nouveau millénaire : installation de la faculté de droit en centre-ville, réfection du
quartier Pasteur, « piétonisation » du quartier ancien et refonte du mobilier urbain, création d’un Zénith, construction d’un jardin promenade le long des quais, nouvelle gare routière… Les
Rouennais eux-mêmes ne savent plus où donner de la tête. Mais la grande affaire ici, c’est surtout Teor, le Métrobus ultramoderne qui permet enfin de décharger le mont Riboudet – quais de Seine,
rive droite – que les Rouennais connaissent surtout pour ses embouteillages !
TOUR JEANNE-D’ARC
Elle est l’unique tour subsistant de l’ancien château de Philippe Auguste construit au début du XIIIe siècle. Contrairement à la légende, ce n’est pas dans cette tour que Jeanne d’Arc fut emprisonnée, en revanche, c’est là qu’elle fut soumise à l’interrogatoire en présence de ses juges le 9 mai 1431. A l’intérieur du donjon, on peut voir une maquette de Rouen au XVe siècle et une exposition sur l’histoire du château et l’évolution du quartier. Les Allemands y installèrent leur poste de commandement pendant la Seconde Guerre mondiale. Une plaquette, intitulée Le château de Rouen et son donjon, dit tour Jeanne-d’Arc, livre tous les secrets de la célèbre tour
PLACE DU VIEUX-MARCHE
La qualité des produits de la Ferme Jeanne-d’Arc contribue largement à faire venir les clients sur ce marché un peu spécial puisqu’il a lieu presque tous les jours, le matin. On y trouve bien sûr des fruits, des légumes, du poisson et des fleurs, mais aussi des épices et des marchands à la forte personnalité. Le vendredi c’est journée continue, et le dimanche matin, il y a foule car il y en a pour tous les goûts et tous les prix! Chacun peut donc y faire son marché. Et ça va vite, très vite : pas le temps de traîner, sinon les clients dans la file rouspètent. Le mieux est encore d’y passer tous les jours, pour acheter un kilo par-ci et une livre par-là.
PALAIS DE JUSTICE
Le Parlouër aux bourgeois du XVe siècle, devenu salle des Procureurs puis salle des Pas-Perdus, était le siège de l’échiquier normand, grande juridiction où Pierre Corneille, avocat du roi, plaida avec une prudence raisonneuse de Normand avant de se lancer dans la tragédie. Chef-d’œuvre de l’architecture gothique dans sa dernière période, avec additions et remaniements du XIXe siècle, le palais de justice se compose d’un bâtiment principal et de deux ailes en retour d’équerre. L’aile de gauche, qui date de 1499-1508, à l’exception de l’escalier d’angle refait en 1903, était destinée à l’origine à servir de lieu de réunion aux marchands. L’aile droite, quant à elle, a été rebâtie de 1842 à 1852 à la place d’une construction du XVIIIe siècle qui s’était écroulée partiellement en 1812. Le bâtiment principal a été commencé en 1508 sur ordre de Louis XII. La façade de la cour d’honneur est célèbre : longue de 66 mètres, elle offre une tourelle centrale à pans coupés d’une extrême richesse. Elle se compose en outre de trois étages : un rez-de-chaussée d’une architecture très simple, un premier étage avec de belles fenêtres à croisées de pierre, enfin, se détachant sur la pente du toit, de grandes lucarnes, et une balustrade, hérissées de pinacles et reliées entre elles par des arcs-boutants ajourés. A l’intérieur, dans l’aile gauche, dans la salle des Pas-Perdus ou l’ancienne salle des Procureurs, on peut admirer un magnifique vaisseau gothique de 48 mètres de long et 16 mètres de large.
MUSEE PIERRE-CORNEILLE
La maison natale de Pierre Corneille – celle de son frère Thomas est à côté – est un détour obligé pour les amoureux de théâtre, mais aussi pour les curieux qui voudraient se faire une idée de ce que fut la place du Vieux-Marché ou ce qu’elle aurait pu être. Curieux en effet de découvrir que le petit Pierre jouait sur une place en forme d’entonnoir, au pied du pilori. Curieux également d’apprendre que la rue de la Pie s’appelait rue Mignotte à cause de son étroitesse et que les maisons ont été rabiotées pour l’élargir. Enfin, curieux de découvrir que Charlotte Corday, l’assassin de Marat, est une descendante des Corneille… Le musée vient tout juste d’être restauré, histoire de se refaire une beauté pour fêter, en 2006, les 400 ans de la naissance de Pierre Corneille…
MUSEE NATIONAL DE L’EDUCATION
Ce musée retrace l’histoire de l’éducation en France, de la Renaissance au XXe siècle. Plus de 500 000 pièces y sont recensées : peintures, estampes et imagerie populaire, archives photographiques, livres scolaires et de pédagogie, littérature pour la jeunesse, matériel pédagogique et mobilier scolaire, travaux d’élèves, jeux et jouets. Un lieu… éducatif!
MUSEE MARITIME, FLUVIAL ET PORTUAIRE – Espace des marégraphes
Pour découvrir le patrimoine fluvial et maritime et le passé glorieux du port de Rouen, il suffit de compter les hangars jusqu’à treize. Là, un scaphandre, des objets de marine, des instruments de navigation et des maquettes dévoileront les secrets de la marine marchande de jadis. Blaise Cendrars rêvait d’un Paris port de mer, mais en vérité, le port naturel de la capitale reste Rouen. Les thèmes abordés au cours de la visite sont riches et variés : l’histoire maritime, fluviale et portuaire de Rouen, la chasse à la baleine, les expéditions polaires de Jean Charcot, la construction et la réparation navale – les chantiers de Normandie –, les métiers portuaires, la batellerie en Seine, le balisage, la navigation, la mer et le pétrole – on peut notamment y admirer le pétrolier à voile rouennais Le Quevilly. A noter qu’il est désormais possible de visiter la cale ainsi que le logement du marinier de la péniche Le Pompon Rouge. Une exposition temporaire intitulée « Le pont de bateaux XVIe-début XIXe siècle » s’y tiendra en 2006, et une autre, « Le pont transbordeur de Rouen : 1900-1940 », en 2007
MUSEE JEANNE-D’ARC
Le placard en bois peint le proclame à l’entrée : « crypte du XVe siècle, galerie de cire, toute la vie de l’héroïne de Domrémy au bûcher »! L’entreprise est commerciale et ouvertement dédiée au tourisme. Jeanne et les marchands du temple… La visite mérite toutefois le sacrifice d’un billet : le XVe siècle est une période mal connue, qui souffre encore aujourd’hui d’être considérée à tort comme un siècle d’obscurantisme et de saleté. Lorsque Jeanne alla au bûcher en 1431, Gutenberg s’apprête, une poignée d’années plus tard, à mettre au point le système d’impression par petits caractères mobiles – 1438. Le musée a fêté ses 50 ans en 2005.
MUSEE FLAUBERT ET D’HISTOIRE DE LA MEDECINE
Quel est le rapport entre Flaubert et la médecine? Eh bien, le papa du petit Gustave était le chirurgien de l’hôtel-Dieu, où siège le musée. La famille Flaubert, donc, habitait ces lieux, qui sont sans conteste les plus étonnants de la ville. Un petit côté foire aux monstres. Une tête parcheminée et un moulage en plâtre de guillotinés, un calcul néphrétique gros comme une balle de golf – et extrait par voie naturelle : aïe, aïe, aïe! –, un fœtus dans son formol, des outils de trépanation de champ de bataille du temps des boucheries napoléoniennes, un mannequin de toile rembourrée pour l’enseignement des sages-femmes, des lits d’hôpitaux à l’ancienne dans lesquels on mettait au moins six malades… Bref, une galerie qui en raconte long sur la manière qu’avaient nos pas si lointains aïeux de prendre la médecine à bras-le-corps. A noter qu’une toute nouvelle salle consacrée à Flaubert et la médecine a ouvert en septembre 2005.
MUSEE DES BEAUX-ARTS
Entièrement rénové en 1994, ce monument du XIXe siècle accueille une collection d’œuvres allant du XVIe siècle à nos jours. Les plus grands noms de la peinture ont enrichi la collection au fil des années : Rubens, Vélasquez, Poussin, Fragonard, Ingres, Géricault, Delacroix, Corot, Degas, Monet, Renoir, Sisley… Il faut y aller, ne serait-ce que pour découvrir en vrai des peintures qui, jusque-là, n’étaient que des reproductions sur papier glacé ou voir que Géricault n’était pas un peintre lisse, mais qu’il travaillait la peinture comme une matière. Allez également regarder le double menton de Mme Aymon par Ingres, puis reculez de quelques pas pour faire sortir de son brouillard lumineux le Portail de la cathédrale de Rouen, temps gris, par Monet. Une nouvelle galerie, consacrée à l’Art contemporain, a été créée en 2004 pour lancer la carrière des jeunes artistes. Des expositions temporaires y sont régulièrement organisées, dont certaines dans le cabinet à dessin : l’exposition « Caussy : une grande manufacture rouennaise du XVIIIe siècle » s’y tiendra de mars à juin 2006.
MUSEE DE LA FERRONNERIE
Le fonds du musée est un don, unique au monde, que fit Henri Le Secq des Tournelles à la ville de Rouen. Les 10 000 pièces de la collection sont exposées dans l’ancienne église Saint-Laurent. Les plus anciennes remontent au IVe siècle et se laissent mordorer sous les caresses de la lumière du jour qui filtre par les vitraux. Des grilles, des crèches lanternes, des marteaux de heurtoir, des forces de tapissier ou encore des fers à repasser, des clefs de maîtrise, des enseignes… Des œuvres qui témoignent du travail d’orfèvre de ceux qui tordaient le fer pour en faire de la dentelle…
LES FONTAINES
Huit belles fontaines sont à visiter à Rouen, avec autant d’intérêt que les plus grands monuments de la ville : la fontaine de la rue Sainte-Croix-des-Pelletiers, la fontaine de la Crosse – reconstruite –, la fontaine du Gros-Horloge – reconstruite au pied du beffroi –, la fontaine Saint-Romain, la fontaine Saint-Candé – rue aux Ours –, la fontaine de la Croix-de-Pierre, la fontaine Saint-Maclou – la préférée des enfants en poussette… – et la fontaine des Augustins.
MUSEE DE LA CERAMIQUE
Le musée de la Céramique occupe un ancien hôtel particulier, l’hôtel d’Hocqueville construit en 1657. Il est essentiellement consacré à la faïence de Rouen du XVIe au XVIIIe siècle. Les techniques de fabrication, l’histoire et l’évolution de la production rouennaise – formes et décors –, l’une des plus remarquables de son temps, sont présentées au fil des salles, en regard d’exemples d’autres centres faïenciers. La collection comprend notamment des majoliques italiennes, des pièces de Delft, Nevers, Sinceny, ainsi que des porcelaines. Un lieu où se découvre un pan entier de l’histoire des peuples…
JARDIN DES PLANTES
Créé en 1838, c’est de loin le plus bel espace vert de la ville. Vu de haut, il ressemble certainement à un dessin. Il réunit des secteurs à l’anglaise autour d’une diagonale de parterres et de bassins à la française. Pour faire découvrir la nature aux enfants, rien n’est plus merveilleux que les plantes tropicales, que l’on croise rarement dans les autres jardins de la ville. Dès les beaux jours, armé d’une glace achetée sur place, on peut se promener dans la foule, le long des allées, et rêver devant les paons, les canards et les tortues aquatiques. En été, un peu d’eau fraîche sur les pieds ne fait de mal à personne, et les grands bassins se transforment alors en une immense pataugeoire où les enfants aiment barboter pieds nus. L’herbe verte sait aussi accueillir les amoureux… La grande serre, qui fut, en 1840, la toute première construction régionale en fer et en verre, abrite maintenant des plantes d’origine tropicale. Dans le pavillon de gauche, on se prend à admirer des plantes grasses et autres cactus. Dans celui de droite, il y a les incontournables plantes carnivores. En promenade dans les jardins, on regarde avec intérêt les nombreuses variétés de fleurs – iris, roses… –, les arbustes fruitiers et autres 250 plantes médicinales.
GROS-HORLOGE ET BEFFROI
Le Gros-Horloge, flanqué d’une tour de beffroi, est un pavillon de la Renaissance – 1527 – qui enjambe la rue par une arche surbaissée. Il est surmonté d’un grand toit à lucarnes. Sur chaque face, un cadran en plomb doré, d’une riche ornementation, est encadré de deux pilastres. Il n’a qu’une seule aiguille – celle des heures car, à cette époque, on n’avait pas besoin des minutes – et montre les figures mythologiques des jours de la semaine, ainsi que la Lune et ses phases. Le mouvement de l’horloge date de 1389 et a été restauré en 1893. L’intrados de l’arcade est richement sculpté, dans le médaillon central, des hauts-reliefs représentent le Christ en bon pasteur, au milieu d’un troupeau de brebis. Au sommet du toit, trois épis portent le Soleil, la Lune et les armoiries de Rouen. Le beffroi fut quant à lui édifié en 1389. Symbole des libertés communales, il était destiné à contenir les cloches et le mécanisme de l’horloge qui réglait la vie de la cité. Les cloches sont au nombre de trois : la Rouvel – 1382 –, qui sonna le couvre-feu jusqu’à ce qu’elle se fêle en 1903, la Cache-Ribaud – 1398 –, qui sonna les heures jusqu’en 1902 et sonne depuis le couvre-feu, et enfin la Normande – 1905 –, qui sonne les heures. Récemment rénové, le beffroi doit accueillir à terme un musée de la Ville.
EGLISE SAINT-SEVER
Située sur la rive droite de la ville, cette église a échappé à la fois aux bombardements mais aussi, lors de l’arrivée des Allemands en juin 1940, à l’incendie qui dévastait la rive gauche. Inaugurée en 1860 par Verdrel, maire de Rouen, sa construction en briques s’explique par mesure d’économie. En réalité, quatre églises ont été construites successivement à cet emplacement, et deux s’y trouvaient simultanément en 1860, la présente en brique et la précédente en pierre, cette dernière n’ayant été démolie que l’année de l’inauguration de l’église actuelle – 1860.
EGLISE SAINT-VIVIEN
Située au Moyen Age « hors les murs », cette église, qui a la particularité de ne pas posséder de transept, est citée dans un texte dès l’époque de Guillaume le Conquérant. Elle fut reconstruite et consacrée en 1358. La partie antérieure de la nef située au nord date de cette époque, ainsi que le clocher. La guerre de Cent Ans passée, un projet plus ambitieux fut réalisé : la nef nord fut allongée vers l’est, et deux autres nefs, au centre et au sud, furent reconstruites ou créées, deux autres chapelles vinrent s’y ajouter au XVIe siècle. Un décor peint a récemment été redécouvert, les voûtes ayant été plâtrées au XIXe siècle.
EGLISE SAINT-ROMAIN
Cette église située à l’angle des rues de la Rochefoucauld et du Champ-des-Oiseaux a été construite entre 1676 et 1730. Elle renferme le tombeau de saint Romain, évêque de Rouen mort en 639 et auteur de nombreux miracles. Saint-Romain demeure aujourd’hui le patron de Rouen, conservant sa popularité grâce à la célèbre foire!
EGLISE SAINT-MACLOU
L’église Saint-Maclou est dédiée à un saint breton appelé aussi « Malo ». Dès le Xe siècle, une chapelle dédiée à ce saint aurait été implantée dans ce quartier alors fort marécageux. Incendiée au début du XIIIe siècle, l’église est immédiatement reconstruite et devient, dans ce quartier désormais assaini et très peuplé, la paroisse des drapiers du Robec. Deux siècles plus tard, en 1432, l’édifice s’écroule par le milieu. La construction d’une nouvelle église est alors envisagée en 1437 sur les plans de Pierre Robin, mais elle ne sera inaugurée qu’en 1521. Malgré la lenteur des travaux, Saint-Maclou bénéficie d’une unité de style, et bien que de dimensions modestes, elle apparaît comme un grand chef-d’œuvre du gothique flamboyant en matière d’architecture religieuse. L’église possède un célèbre portail à cinq porches dont les portes de bois sculptées datent de 1552. La flèche néo-gothique – 85 mètres – de l’architecte Barthélemy remplace en 1871 celle du XVIe siècle saccagée par un ouragan. Saint-Maclou a bien failli disparaître le 4 juin 1944 : les chapelles et une partie du chevet se sont effondrées, mais le reste a tenu bon. Ce n’est qu’en décembre 1980 que l’église a de nouveau ouvert ses portes.
EGLISE SAINTE-JEANNE-D’ARC
Conçue par l’architecte Louis Arretche et inaugurée en 1979, cette église évoque la coque renversée d’un navire. Elle est construite sur le lieu même du bûcher de Jeanne d’Arc – l’endroit exact est matérialisé par une grande croix. Cette église à l’architecture particulière mais si majestueuse abrite de superbes vitraux du XVIe siècle provenant de l’église Saint-Vincent, détruite durant la dernière guerre.
EGLISE SAINT-GODARD
Cet édifice gothique des XVe-XVIe siècles est constitué de trois nefs d’égale hauteur. Sa tour carrée – 1612 –, inachevée, appartient au style de la Renaissance. Sa fondation serait très ancienne : l’évêque Saint-Godard y fut inhumé en 525 ainsi que Saint-Romain – 644. Le corps de celui-ci fut transféré à la cathédrale au XIe siècle, mais le sarcophage y demeura jusqu’au début du XIXe siècle. La petite crypte, sous la nef du nord, était un lieu de pèlerinage.
CIMETIERE MONUMENTAL
Créé en 1824 sur décision du marquis de Martainville – alors maire de Rouen –, cet ensemble funéraire, dans sa partie ancienne, est un témoignage remarquable de la mentalité et des goûts de la bourgeoisie rouennaise du siècle dernier. On y trouve les sépultures de Boieldieu, Gustave Flaubert, Hyacinthe Langlois, du ferronnier Marrou ou encore de l’amiral Cécille.
CATHEDRALE NOTRE-DAME
Située au cœur de la ville, la cathédrale Notre-Dame de Rouen est un monument sur lequel peut se lire l’évolution de l’art gothique du milieu du XIIe siècle jusqu’au début du XVIe siècle. La construction de l’édifice a été entreprise au milieu du XIIe siècle, à l’emplacement de la cathédrale romane dont on a conservé la crypte. Achevée une centaine d’années plus tard, elle fut ensuite remaniée pour finalement être terminée au cours des siècles suivants. La jolie tour lanterne a reçu au XIXe siècle une flèche en fonte qui s’élève à 151 mètres de hauteur! La cathédrale abrite dans le déambulatoire quelques sépultures des anciens ducs de Normandie, telles celles de Rollon, le fondateur du duché, et de Richard Cœur de Lion, qui fit déposer son cœur dans la crypte après sa mort. Toute l’histoire du vitrail du XIIe siècle à nos jours peut également se lire à l’intérieur de la cathédrale.
AITRE SAINT-MACLOU
Le lieu est tranquille, ombragé, plutôt avenant, mais ce n’est qu’une apparence. Il suffit de s’approcher un peu du mur pour se sentir déjà nettement moins à l’aise : le décor des colombages est pour le moins macabre avec ses crânes, tibias entrecroisés et pelles de fossoyeurs. Sur les piliers se distinguent des représentations de la mort emportant les vivants : vous êtes dans un ancien charnier construit à partir de 1526 pour enterrer les victimes d’une nouvelle épidémie de peste. Entassés au départ au centre du cimetière, les ossements furent déménagés ensuite dans les galeries supérieures pour gagner de la place. C’est en voulant mettre un peu d’ordre à l’intérieur qu’on tomba un jour sur un squelette de chat, vraisemblablement emmuré à l’époque pour conjurer le mauvais sort. On peut toujours le voir dans une vitrine, à droite en entrant. L’aître Saint-Maclou est actuellement occupé par l’Ecole régionale des Beaux-Arts.
BUREAU DES FINANCES
L’ancien bureau des Finances, siège actuel de l’office de tourisme et des congrès, Maison de Rouen et de la Normandie, a été édifié en 1509 par Roulland Le Roux, l’un des architectes du portail central de la cathédrale. De style Renaissance, ses façades sont ornées de pilastres à arabesques et à candélabres, de médaillons encadrés de génies et de niches surmontées de dais.
ABBATIALE SAINT-OUEN
Siège d’une importante abbaye bénédictine, actuel hôtel de ville, l’église Saint-Ouen a été construite de 1318 jusqu’au milieu du XVIe siècle. Ses proportions sont imposantes : 137 mètres de long et 26 mètres de large – dont 11 mètres pour le vaisseau central. Cette église, souvent confondue par les étrangers avec la cathédrale, mérite d’être observée des jardins et non pas de la place de l’Hôtel-de-Ville, d’où la façade n’est pas la plus réussie. L’église actuelle est la cinquième construite sur le même emplacement et est l’œuvre de l’abbé Jean Roussel – dit Marc d’Argent –, qui commença en 1318 sa construction, la façade exceptée. A sa mort, l’église est déjà à moitié construite. Ses successeurs seront cependant beaucoup moins rapides puisqu’ils mettront trois siècles pour en terminer la construction!
OFFICE DE TOURISME
Situé face à la cathédrale dans l’ancien hôtel des généraux des finances – un petit bijou
de la Renaissance –, l’office de tourisme met à votre disposition les services suivants : renseignements sur la ville et ses environs – visites guidées, circuits touristiques –, réservation de
chambres d’hôtels, de chambres d’hôtes et de gîtes ruraux, visites guidées des quartiers historiques pour groupes et individuels, circuits touristiques, organisation de congrès et location de la
salle de prestige Georges-d’Amboise.
//Source site du Petit Futé

Les deux grands pôles de la Haute-Normandie se situent dans le département de la Seine-Maritime. Il s’agit bien sûr de ses ports : Le Havre et les
pétroliers d’Antifer, et Rouen et sa première place céréalière à l’exportation.Patrimoine
La langue normande
Elle est parlée dans l'intégralité des deux régions administratives : Haute et Basse-Normandie, ainsi que dans les îles anglo-normandes, à l'exception d'Aurigny.
On estime que 1,5 million de personnes – sur les 3 millions que totalise la région – a une connaissance au moins passive de la langue, et qu'environ 5 000 personnes parlent normand dans les îles
anglo-normandes. Cette langue n'a néanmoins aucun statut officiel, ni en France, ni au Royaume-Uni. En fait, l'originalité de la langue normande remonte aux sources, celles de l'envahisseur, les
Vikings. Aujourd'hui encore, le normand est la langue officielle, judiciaire et administrative des îles anglo-normandes. L'anglais moderne a d'ailleurs hérité de nombreux mots du normand : cat,
chair, chanel, garden, fork… Car en fait, à l'intérieur du normand, il y a le cauchois. Et le patois cauchois n'est pas comme on pourrait le croire une altération du français. C'est au contraire
l'un des ancêtres de notre langue. Certains de ses mots sont d'ailleurs des descendants directs de la langue d'oïl ou du roman. A part ses racines romano-latines, le cauchois prend sa source dans
les pays nordiques, comme le normand.
Artisanat local : la tradition du verre
Si l'activité verrière régionale remonte à l'époque gallo-romaine, avec quelques ateliers installés dans la forêt d'Eu, il faut pourtant attendre le XV e siècle pour qu'elle se développe plus fortement dans la vallée de la Bresle. Au fil des années, la vallée est d'ailleurs devenue le creuset de la fabrication des flacons de verre pour la parfumerie de luxe. La pureté des flacons de la Bresle est de renommée mondiale. La verrerie Saint-Gobain-Desjonquères – implantée à Mers-les-Bains depuis 1924 – en est le symbole industriel : plus d'un milliard de flacons fabriqués par an !
Nature
Climat
La Normandie fait partie de la France de l'Ouest, dont le climat est de type océanique – temps très variables : l'humidité, la douceur des températures et la faiblesse
des amplitudes saisonnières caractérisent le climat normand.
La Normandie est plus précisément dotée d'un climat océanique tempéré. Les pluies y sont en moyenne assez abondantes, les températures estivales modérées et les grands gels hivernaux assez rares
: le contact maritime favorise en effet un adoucissement des hivers, mais aussi des étés grâce à un léger vent marin.
Faune et Flore
Le bocage
Ce paysage si particulier à la Normandie est un refuge idéal pour de nombreuses espèces animales, notamment les oiseaux : alouettes, grives, merles et autres fauvettes
s'y réfugient. Et les rapaces ne s'y trompent pas : la chouette ou le faucon s'y nourrissent aisément.
Au ras de la terre se logent les champignons, les primevères, les violettes et les œillets. Ensuite, ce sont les chèvrefeuilles, les noisetiers, les prunelliers et autres églantiers qui
s'élancent. Les grands arbres se dressent au sommet de cette végétation.
Les forêts
Les forêts sont également un refuge propice au développement de la faune et la flore.
Pays des oiseaux et des biches, les forêts de Bellême – Orne – et du Perche recèlent des petits trésors à quatre pattes comme ces renards roux ou ce blaireau qui traverse le chemin. Dans les
arbres se distinguent des mésanges huppées et des pics noirs. Quant aux pinsons, rouges-gorges et geais, ils préfèrent les forêts d'Ecouves ou celles des Andaines – Orne.
Ces deux forêts recèlent des parterres de champignons – bolets, cèpes, girolles… : de quoi faire une superbe fricassée!
Les marais
Dans l'immense marais que forme l'estuaire de la Seine, on dénombre quelque 270 espèces d'oiseaux différentes : des barges à queue noire, des spatules blanches, des
avocettes, des râles de genêts. Et dans le marais Vernier – donc sur la rive gauche cette fois-ci –, certainement la plus grande tourbière de France, on rencontre des courlis cendrés, des
cigognes et des balbuzards. Tout cela fait des deux rives un paradis pour les ornithologues, qui viennent ici observer de multiples espèces.
Ces marais permettent la prolifération d'une flore assez rare. En effet, il n'est pas rare de voir dans le marais Verdier des joncs, des roseaux ou des asters, bref, ces espèces plus adaptées à
un milieu aquatique salin que doux.
Région gourmande
Il y a un dicton qui dit : « Qui a fait normand, a fait gourmand ». Vérifions, vérifions…
Le camembert
Le plus célèbre des fromages normands est l'incontournable camembert, le fromage de tous les jours dans de nombreuses familles, à pâte molle et croûte fleurie. Produit à
partir de lait pasteurisé dans des laiteries industrielles, ce fromage est effectivement un excellent fromage quotidien, que certaines marques ont su élever à un degré de qualité tout à fait
correct. Mais si ce produit est très répandu, le véritable camembert l'est beaucoup moins. La recette originale est protégée depuis 1983 par l'AOC camembert de Normandie, qui utilise du lait cru,
mis à coaguler avec de la présure. Il est alors mis à sécher cinq heures environ, puis retourné. Le fromage est ensuite disposé sur des claies pour parfaire son égouttage pendant une journée,
avant d'être salé et mis à affiner. Il est ensuite emballé dans la célèbre boîte en copeaux de bois qui a fait son succès.
Traditions
Tradition vivante
Le trou normand
L'une des plus anciennes traditions en Normandie est celle du trou. Le trou normand est un très vieux trou d'au moins 400 ans. L'alcool dilaterles parois de l'estomac et interrompt ainsi l'impression de plus faim, pour se régaler de nouveaux plats. Pour cela, il faut boire cul-sec un petit verre de Calvados au milieu du repas, généralement après l'entrée ou les entrées. Maintenant, à défaut du petit verre de Calvados à avaler – alcootest oblige –, on sert un sorbet – à la pomme – arrosé d'un peu d'alcool. Rien n'empêche toutefois de « coiffer » et « recoiffer » son café d'un petit verre de Calva.
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