
Les deux grands pôles de la Haute-Normandie se situent dans le département de la Seine-Maritime. Il s’agit bien sûr de ses ports : Le Havre et les
pétroliers d’Antifer, et Rouen et sa première place céréalière à l’exportation.
Patrimoine
La langue normande
Elle est parlée dans l'intégralité des deux régions administratives : Haute et Basse-Normandie, ainsi que dans les îles anglo-normandes, à l'exception d'Aurigny.
On estime que 1,5 million de personnes – sur les 3 millions que totalise la région – a une connaissance au moins passive de la langue, et qu'environ 5 000 personnes parlent normand dans les îles
anglo-normandes. Cette langue n'a néanmoins aucun statut officiel, ni en France, ni au Royaume-Uni. En fait, l'originalité de la langue normande remonte aux sources, celles de l'envahisseur, les
Vikings. Aujourd'hui encore, le normand est la langue officielle, judiciaire et administrative des îles anglo-normandes. L'anglais moderne a d'ailleurs hérité de nombreux mots du normand : cat,
chair, chanel, garden, fork… Car en fait, à l'intérieur du normand, il y a le cauchois. Et le patois cauchois n'est pas comme on pourrait le croire une altération du français. C'est au contraire
l'un des ancêtres de notre langue. Certains de ses mots sont d'ailleurs des descendants directs de la langue d'oïl ou du roman. A part ses racines romano-latines, le cauchois prend sa source dans
les pays nordiques, comme le normand.
Artisanat local : la tradition du verre
Si l'activité verrière régionale remonte à l'époque gallo-romaine, avec quelques ateliers installés dans la forêt d'Eu, il faut pourtant attendre le XV e siècle pour qu'elle se
développe plus fortement dans la vallée de la Bresle. Au fil des années, la vallée est d'ailleurs devenue le creuset de la fabrication des flacons de verre pour la parfumerie de luxe. La pureté
des flacons de la Bresle est de renommée mondiale. La verrerie Saint-Gobain-Desjonquères – implantée à Mers-les-Bains depuis 1924 – en est le symbole industriel : plus d'un milliard de flacons
fabriqués par an !
Nature
Climat
La Normandie fait partie de la France de l'Ouest, dont le climat est de type océanique – temps très variables : l'humidité, la douceur des températures et la faiblesse
des amplitudes saisonnières caractérisent le climat normand.
La Normandie est plus précisément dotée d'un climat océanique tempéré. Les pluies y sont en moyenne assez abondantes, les températures estivales modérées et les grands gels hivernaux assez rares
: le contact maritime favorise en effet un adoucissement des hivers, mais aussi des étés grâce à un léger vent marin.
Faune et Flore
Le bocage
Ce paysage si particulier à la Normandie est un refuge idéal pour de nombreuses espèces animales, notamment les oiseaux : alouettes, grives, merles et autres fauvettes
s'y réfugient. Et les rapaces ne s'y trompent pas : la chouette ou le faucon s'y nourrissent aisément.
Au ras de la terre se logent les champignons, les primevères, les violettes et les œillets. Ensuite, ce sont les chèvrefeuilles, les noisetiers, les prunelliers et autres églantiers qui
s'élancent. Les grands arbres se dressent au sommet de cette végétation.
Les forêts
Les forêts sont également un refuge propice au développement de la faune et la flore.
Pays des oiseaux et des biches, les forêts de Bellême – Orne – et du Perche recèlent des petits trésors à quatre pattes comme ces renards roux ou ce blaireau qui traverse le chemin. Dans les
arbres se distinguent des mésanges huppées et des pics noirs. Quant aux pinsons, rouges-gorges et geais, ils préfèrent les forêts d'Ecouves ou celles des Andaines – Orne.
Ces deux forêts recèlent des parterres de champignons – bolets, cèpes, girolles… : de quoi faire une superbe fricassée!
Les marais
Dans l'immense marais que forme l'estuaire de la Seine, on dénombre quelque 270 espèces d'oiseaux différentes : des barges à queue noire, des spatules blanches, des
avocettes, des râles de genêts. Et dans le marais Vernier – donc sur la rive gauche cette fois-ci –, certainement la plus grande tourbière de France, on rencontre des courlis cendrés, des
cigognes et des balbuzards. Tout cela fait des deux rives un paradis pour les ornithologues, qui viennent ici observer de multiples espèces.
Ces marais permettent la prolifération d'une flore assez rare. En effet, il n'est pas rare de voir dans le marais Verdier des joncs, des roseaux ou des asters, bref, ces espèces plus adaptées à
un milieu aquatique salin que doux.
Région gourmande
Il y a un dicton qui dit : « Qui a fait normand, a fait gourmand ». Vérifions, vérifions…
Le camembert
Le plus célèbre des fromages normands est l'incontournable camembert, le fromage de tous les jours dans de nombreuses familles, à pâte molle et croûte fleurie. Produit à
partir de lait pasteurisé dans des laiteries industrielles, ce fromage est effectivement un excellent fromage quotidien, que certaines marques ont su élever à un degré de qualité tout à fait
correct. Mais si ce produit est très répandu, le véritable camembert l'est beaucoup moins. La recette originale est protégée depuis 1983 par l'AOC camembert de Normandie, qui utilise du lait cru,
mis à coaguler avec de la présure. Il est alors mis à sécher cinq heures environ, puis retourné. Le fromage est ensuite disposé sur des claies pour parfaire son égouttage pendant une journée,
avant d'être salé et mis à affiner. Il est ensuite emballé dans la célèbre boîte en copeaux de bois qui a fait son succès.
Traditions
Tradition vivante
Le trou normand
L'une des plus anciennes traditions en Normandie est celle du trou. Le trou normand est un très vieux trou d'au moins 400 ans. L'alcool dilaterles parois de l'estomac et
interrompt ainsi l'impression de plus faim, pour se régaler de nouveaux plats. Pour cela, il faut boire cul-sec un petit verre de Calvados au milieu du repas, généralement après l'entrée ou les
entrées. Maintenant, à défaut du petit verre de Calvados à avaler – alcootest oblige –, on sert un sorbet – à la pomme – arrosé d'un peu d'alcool. Rien n'empêche toutefois de « coiffer » et «
recoiffer » son café d'un petit verre de Calva.